Bonne nouvelle! Grande nouvelle!
Petits moyens, grands résultats
Idées, témoignages, questions, photos de mon séjour au Congo RDC
2009-12-18
Zawadi
Bonne nouvelle! Grande nouvelle!
2009-07-10
Carte postale de Bukavu
J'ai reçu un coup de fil de Sr. Georgette FMM (Franciscaines Missionnaires de Marie) il y a quelques semaines; elle partait pour Bukavu. "Je pars avec deux valises de vêtements pour les femmes victimes de violence sexuelles. Comme tu le sais, elles arrivent à la ville complètement démunies. Aurais-tu quelques vêtements à me donner pour elles?" J'ai lancé l'appel autour de moi et récolté quelques sacs et cartons. Le matin de son départ, je pense, un peu tard, à lui donner quelques billets. Ce n'est pas souvent qu'on a l'occasion de donner directement à des personnes qui en ont vraiment besoin.
A son retour, Sr. Georgette m'a remis une grande enveloppe de la part des femmes de Bukavu. Le contenu de l'enveloppe était tellement parlant! Je ne pouvais pas simplement la ranger dans un tiroir. Il fallait que je partage ce témoignage avec vous.
Bukavu, capitale de la province du Sud Kivu, est située au bord du Lac Kivu à la frontière est du Congo (RDC). Comme sa soeur Goma, capitale du Nord Kivu, elle est ravagée depuis 15 ans par les conflits qui ont débordé en RDC après le génocide Rwandais de 1994. Le génocide, qui est mondialement connu, est terminé; et le Rwanda a fait des efforts décidés pour se guérir du fléau des haines ethniques ; mais en RDC, la catastrophe n'a pas cessé ; elle continue, jour après jour et année après année, à semer l'horreur, sans paraitre préoccupper les consciences à l'étranger.
Et pourtant, il y a de quoi! Tous nos téléphones portables et nos jeux électroniques fonctionnent grâce aux propriétés singulières d'un métal appelé coltan dont 80% du minerai mondial se trouve en RDC. Les conflits ont fait cinq millions de morts ici, selon les estimations des Nations Unies. Ca n'est pas souvent aux infos, en partie, parce que les journalistes qui essaient d'enquêter dans la région sont tués, torturés, menacés, ou arrêtés, s'ils traitent des sujets tels que la violence sexuelle, l'impunité pour ces crimes, et l'exploitation illégale des ressources naturelles (Cherchez à qui le crime profite!)
Mais j'ai vu il y a trois jours le documentaire "Le plus grand silence: le viol en RDC", tourné en 2007 par une Américaine qui n'a pas froid aux yeux; elle pénètre au plus profond de la jungle pour interviewer les soldats coupables de ces horreurs. Recommandé, mais ne laissez pas les enfants le voir.
Mais revenons à mon courrier de Bukavu. La Soeur Georgette avait passé 10 jours à Bukavu, auprès d'un groupe de femmes victimes de violences sexuelles. Les photos qu'elle a prises dévoilent des paysages ma
... Ouh là là, je me perds dans mes discours de Schtroumf moralisateur... Mais devant tant de cruauté, on ne peut pas s'empêcher de penser "Pourquoi?" et ensuite avec effroi: "Pourquoi pas?" (= qu'est-ce qui nous protège?)
Donc, Soeur Georgette va tous les quelques mois aider et écouter ces femmes de Bukavu, qui se sont associées pour l'entraide. Leur association s'appelle "Nikinge", c'est-à-dire "Protège-moi."
A part la lettre, elles m'avaient aussi envoyé une dizaines de cartes qu'elles décorent à la main avec des minuscules morceaux de feuilles de bananier. Certains d'entre vous en ont reçu à Noël. C'est un travail très fin, très joli.Il y avait aussi le compte-rendu de ce qu'elles ont fait avec les $300 que Sr. Georgette leur a donnés de ma part. Avec $200, elles ont acheté des fournitures pour continuer à faire des cartes et des savons. Et $100 ont été distribués à 14 femmes pour besoins urgents. Ca ne semble pas faire beaucoup par personne, mais pour elles, c'était précieux.
Il y avait aussi le poster qu'elles ont choisi comme logo et un tableau en feuilles de bananier, qui feront l'objet de mon prochain blog.
Mais il est temps que je leur passe tout simplement la parole.
Voici la lettre:

Bon, je vois que c'est presque illisible; je vais vous la copier.
A Soeur Georgette, A Maman Odile
à toutes les femmes et filles qui pensent
à nous
Nous les femmes violées, handicapées de guerre,
blessées. Nous venons à travers Maman
Georgette, Soeur missionnaire, vous remercier pour
avoir pensé à nous. Nous avons reçu les conseils,
les habits, elle nous a parlé de vous toutes.
Nous sommes très réconfortées d'entendre que
les femmes d'ailleurs (du Congo et d'autres pays)
pensent à nous. Nous remercions Maman
Marie-Jeanne qui nous aide à nous prendre en
charge nous-mêmes par des petits travaux. Nous
sommes très nombreuses, des milliers de femmes
violées et massacrées. Mais le petit groupe qu'elle
encadre sort peu à peu de leur situation désastreuse.
Elle nous dit que nous devons aussi nous entraider.
Nous remercions Maman Isabel qui nous a redonné
l'espoir de reprendre vie par ses méthodes de détraumatisation.
Nous sommes très heureuses aujourd'hui de voir la
Soeur Georgette qui nous écoute chacune à tour de
rôle, nous donne conseil et nous encourage.
Nous qui avons fui nos malfaiteurs (rebelles Rwandais
et autres) nous pensons que la guerre créée en République
démocratique du Congo vise plus les femmes. Vita
ilitukukiya sesi wanawake. On dirait les antiféministes.
Soeur Georgette "we magulu giru, we kanwa kiru oyende
mune na bene wirhu munuderere emunda
muja oku rutesibwe bwenene".
Soeur Georgette, je vais parler dans mon
dialecte pour que j'exprime bien notre sentiment:
"Tu es notre bouche, nos pieds.
Là où nous ne pouvons pas arriver: nous t'envoyons.
Va dire à nos soeurs et frères que nous souffrons sérieusement.
Bahamagaze eli vita na malibuke guwhe; qu'elles
crient à haute voix pour nous que cette guerre menée
contre la femme prenne fin."
Vous serez nos défenseurs, nos voix. Elevez vos voix,
criez très fort pour notre cause. A l'est du Congo,
derrière les montagnes, en pleine forêt, les femmes
et les enfants crient au secours. On les tue, on viole,
on les massacre à coups de pierres et de hache,
on introduit l'arme à feu, des bâtons dans nos
sexes. Là, derrière les collines on détruit la vie.
Nous sommes tellement loin, personne pour nous entendre.
On meurt de maladies, des intempéries. Criez pour
nous afin que la guerre cesse. Nous qui avons fui,
les otages, nous avons laissé nos consoeurs
là-bas et nous savons ce que nos consoeurs
continuent à vivre. Il y a des filles de 12 ans, des mamans,...
Il y a celles qui ne peuvent plus faire les travaux
durs, parfois on les enterre vives. Nous avons tout
dit à la Soeur Georgette qui vous fera parvenir tout.
Nous sommes très réconfortées par votre soutien.
Nous sommes encore fortes, malgré nos handicaps physiques
suite aux opérations, aux blessures. Nous allons travailler,
car nos encadreurs nous montrent que le travail redonne
la dignité à la femme. Et dans le travail, nous-mêmes
nous avons remarqué qu'on oublie un peu les soucis
car on est très occupé. Cette occupation fait partie
de la gymnastique (thérapie) pour oublier, surtout quand
on gagne (de l'argent). ==> Les soucis diminuent.
On ne pense plus [autant] à cette vie en forêt avec les malfaiteurs.
Le matin nous fabriquons les bracelets, nous apprenons
la couture, nous faisons les cartes, les chapelets. Et dans
l'après-midi, nous vendons les savons que Maman
Marie-Jeanne nous donne comme prêt. Et chaque jour
nous avons au moins la nourriture pour nos enfants.
Nous espérons améliorer d'avantage, progresser,
"Vivre" de nouveau. C'est pourquoi nous disons à tous les
hommes et femmes "NIKINGE = Protège-moi"
Avec vous Maman Georgette, Maman Odile, et toutes les femmes
qui ont le coeur qui nous soutiennent de loin,
nous sommes sûres que nous réussiront.
Priez beaucoup pour nous.
Lulema abahe misi mukarukengera: que le Très
Haut vous donne le courage de toujours penser à nous.
Nous nous sommes exprimées dans notre langue
car avec ça, Soeur Georgette, nous pouvons mieux
exprimer nos sentiments. On va traduire pour toi,
et toi tu diras aux autres qui nous aiment, tout.
Encore une fois merci à vous toutes.
Signé:
M'rugamika Nabinbu
Nsimire Lukule
Justine Lirezi
Jeannine M'Mirindi
Marie-Jeanne Buhundula
Nsimire M'Mweze
Bulonza Mazambi
Espérance Mbigambura
Furaha M'paranji
Furaha M'Mihigo
Zawadi Mushi
Justine Haniho
Sylivine Mirindi
2009-07-08
Impluvium: l'eau pure qui vient du ciel
L'impluvium est un système de captage et de stockage des eaux de pluie. Il se compose principalement :
· d'une aire de captage (toit)
· d'un système de gouttières et tuyaux
· d'une réserve enterrée ou hors sol (réservoir, citerne, etc...)
A cela, selon la zone géographique et selon l'utilisation de l'eau, peuvent s'ajouter différents éléments comme par exemple :
· des filtres destinés à éviter l'arrivée d'impuretés dans le réservoir
· un système de déviation pour les premières eaux, qui charrient tous les
débris et poussières qui se sont accumulés sur le toit.
Principe de l'impluvium
1. L'eau de pluie tombe sur le toit et coule dans les gouttières.
2. L'eau est acheminée par les gouttières jusqu'à la citerne.
3. L'eau coule par gravité/principe des vases communicants de la citerne aux robinets.
Technologie adaptée
Le principe de l'impluvium est très simple et n’utilise que la gravité ; il ne nécessite aucune pompe, aucun apport d'énergie (pas de groupe électrogène, éolienne, panneaux solaires, etc.).
L’impluvium est facile à faire bâtir par des maçons ordinaires, même analphabètes ; les matériaux de constructions ordinaires sont employés : ciment, tôles, fil de fer…
Dans un village, un impluvium est plus facile à copier qu’un puits ou forage.
Il ne faut pas sous-estimer le danger que pose l’apport de technologies non-adaptées dans des milieux ruraux et sans ressources professionnelles proches (ingénieurs, mécaniciens…), et où les machines, outils, et pièces nécessaire à la duplication, la maintenance et la réparation des installations n’existent pas. Le risque de panne et donc de perte non seulement de l’approvisionnement en eau, mais du capital investi, ne peut être ignoré.
Plus grave encore est le fait que l’installation n’étant pas copiable par les habitants, mais extrèmement désirable, les habitants des villages voisins se déplaceront pour se rapprocher du nouveau point d’eau. La conséquence, expérimentée dans plusieurs régions, est une rapide migration qui ne s’arrêtera que lorsque la population aura largement dépassé le nombre de personnes que peut desservir l’installation. Il y a risque de créer ou d'aggraver les tensions sociales.
Installation
Les dimensions et méthodes de construction d’une citerne en ferrociment de 20m3, avec plusieurs schémas (coupes verticale, horizontale, etc.) et quantités estimatives des matériaux, pour deux types de citerne (cailloux, ferro-ciment) sont donnés par CREPA sur le site : http://www.oieau.fr/ReFEA/fiches/CapteEauPluie/1impluviums.htm
On donnera au fond de la citerne en ciment une légère inclinaison, 2 cm par mètre, vers un point de sortie de l’eau qu’on aménagera d’un gros robinet pour effectuer la vidange. Les poussières et débris tendent à s'accumuler dans le fond. Le robinet de vidange sera ouvert de temps en temps pour observer la pureté de l’eau et laisser sortir la poussière. Le robinet de vidange pourra aussi servir pour obtenir les derniers litres d’eau en saison sèche.
Le robinet de service sera placé un peu plus haut que le robinet de vidange, pour obtenir de l’eau plus pure.
Il est préférable de construire la citerne sur une base solide qui élève le niveau d'eau. Ainsi on pourra placer les seaux et bidons directement sous le robinet. Si le bâtiment est doté de plomberie à l’intérieur, la fondation servira à élèvera le niveau de l’eau à une hauteur supérieure à celle des robinets. Par le principe des vases communicants, l’eau des tuyaux peut remonter aussi haut que la hauteur de l’eau dans la citerne.
2009-07-02
Des Ougandaises construisent leurs propres citernes d’eau

L’Effort des Ougandaises pour sauver les orphelins (Uganda Women's Efforts to Save Orphans, UWESO), une organisation non-gouvernementale (ONG), donne aux femmes du district de Masaka la possibilité de fournir la sanitation dans leurs communautés à travers la construction et la gérence d’installations de captage d’eau de pluie (CEP). Les capacités de construction des femmes ont été améliorées par une variété de méthodes comprenant ateliers, démonstrations, sketches, visites d’échange, et discussions ouvertes en groupes petits et grands.

citernes d’eau et aussi enseigné aux femmes de la communauté les méthodes de travail telles que le mixage du ciment. De plus, elle a mobilisé la communauté et obtenu sa participation active dans les différentes étapes de la construction et leur a aussi expliqué l’importance de l’eau propre.

